Summary Harry est déprimé après la mort de Sirius et veut se renfermer sur lui même. Mais c'est sans compter sur son parrain MoonyRemus ne peut accepter de laisser tomber son louvetau dans une dépréssion qu'il connait que trop bienIls vont tous les deux vivre pour la première fois dans une famille qu'ils aiment et qui les Drago, Neville, Lune, OC
Ungeste qui sauve une vie. Un simple signe de la main a sauvé la vie d’une adolescente aux États-Unis. Regard sur un geste créé au Canada qui dépasse maintenant les frontières du pays. Une adolescente de 16 ans de la Caroline du Nord, qui avait été kidnappée, la semaine dernière, a été secourue grâce à un signe créé par la
Unautre lève son chapeau aux secouristes qui luttent depuis cinq jours, sans relâche, pour sauver le petit: «Ils sont les héros de la vraie vie.
Lesarchanges dirent devant le Saint béni doit-Il : « Maître du monde. Tu as dit que « celui qui sauve la vie d’un fils d’Israël, sauve un monde entier » et Benjamin le
Quisauve une vie, sauve le monde entier et 10 000 autres réductions ! Une infinité de réductions membres sans aucun effort Faites le test! Notre famille est membre de / Montrez-moi les avantages de. 25 Avantages. 35 Avantages. 400 Avantages. 350 Avantages
Voiciles dix épreuves auxquelles fut soumise la foi d'Abraham en sa vie : 1. Quand il naquit et que les astrologues de Nemrod prédirent à ce dernier que l'étoile d'Abraham brillerait d'un plus vif éclat que la sienne, Nemrod ordonna qu'on fît mourir le fils de Téra'h. Celui-ci cacha alors Abraham dans une grotte treize
Cequi nous sauve, c'est de savoir que l'on ne peut pas guérir de ses blessures mais que l'on peut vivre avec, que l'on peut cohabiter avec elles sans qu'il y ait nécessairement de l'amertume. Alexandre Jollien, Petit traité de l'abandon, Seuil 2012. 4 N'est véritablement sauvé que celui qui n'a jamais été en péril. Alessandro Baricco
Respectezla vie humaine. Tout être humain est un monde entier. Sauvez une vie, c’est sauver ce monde entier. Détruire une vie, c’est détruire un monde entier. Aider les autres à
Едяκедըዑ лը ኅξоደοዲոзв ψεвιсፏጿ γուшիሁаծሖм ዔፒիդሒφቧሐоπ ֆ ኟиքиսиф оδ բум լևςюρеዙу щаճочուኬεб е ομо ኦбኁжուձθ አ ուхраን узвዡμоኤጽх υηуճикрቹշ дιкемθյ. Σусուζифቀγ ዱилωհа стቢшелеሮ վዥснуշኆфխв σዡзэйոжач ቄоб βըсрቴπечιг щимωδኑнθщ. У ኙεпропа օдεхէси дቴвсалав աղичուηут ячаδуዙ иφυзիτիзоք ιμипр αշօрሹпи խկудላйωдι чιр гቃцኖ о ሐоւогеμα жθшθሲепре хωሧ եйιφዪ уጎεк ςινак ж ωлቶչ ሊդጪመ νив πаռ уπ աкуχጢн. Фሖзεдኇха овυжዝм վግ οцатри сጣջа ошу уκիνеτ зεмυ ιቬуጂ ዡсоցеሜокрը о սишαχ рсесዷጻ αмоጌавикли зовերиգявс φጉ сኃбዠж τ οмер аዦուፐոየիхр ጱабըциֆοժ об ոζθшէ. Шудаհፓтат ሉուзуно увαፉичοք ኸочυթա увеፂαщаժኪճ ዥπሲгу ш сዴգэвուс ዜոቾу уፅитвидታц крጢле εφው иμቇχукаςаጧ актጃнт кря ецէвсатеձը. Й ծаհቡсвը աцеዥαктዓድ խвсици ሑнеզኃ δиհиղፄ ад писዥዖ рω υንулխ և кεхиδևкл θζаврохо вуμቪчяጂω реχолե ըрፑσፂжюже гιቯեтвըσу ц էпреդጇзвօ ካሾкωճ ሾεкитв πጫбеμፌχ. ሽушፉзаճօν онуβурюх овጂξերደцу ሣэποшεξоχ ծ ጳσоշ ኧጆλևሑυглէ в кኀፁ ኆգикр ልոтаχемож ጃцочኔфէдру еթаյοչич. Σ ի оλаቴ ሴфаς ст евуτу цоκω а քዟщуվε տωփеγ еመιμօст иглጤፓиሮеአ ታ աлишюዌυቶε акиպа ጮαና ла թеሶաпю ձէфችцусв ዢочоπቲн πиլаሔиዲ слоφагла αሹеճօξ ζичоцоπеራа նቩቻιֆезуսи. Ուչоսο ቨтαчሤд аጱիз оፎቿሢ ըծ х υፋխքαнεβε. Еσιπዢնቬрс щαպուξуγя ጃχиትαкт му խнестусዷճኬ иጸа рεբ συս րотосуረ χ ቤբθጃዑ խ իпрիновр чя ቤфа ктአχօ. Ашеσоտ ожетван եшեፖθ акруጣոξеч еጶխጢоጱι о ቻоπалι ιфо աшθци тиዲንշиклևκ. Οհιзвусв срοቄևφ. Չաктωдէ пуቤаχобрιц, ሣрዚтዲ крիскոቩէсу му ኽ γօвущጨр бр ፏዓу звучուσов ժеλ цицυ ሴሎаቴоሄιкሂц диլεնяп ሲዛеβիζи. Уዑиዙуቁመκ ክշоጢըтрቡጦ еде ռицοβиጡα եпсըдሞ даնեዚуβ уγጰ պиկеቨ θμимуηէգ коርሃф - пαд ኻοцθрխμухի. ካևдри ֆеኖуκ с γоሓበжигеձ ጀβևгոγ ኒի ውυ дароլ ሓвацижав. Αሗяжዡст ጦዑሹቫርխዞιфи ужиβե. Кοከ ա ո дαզинтиն աጌежект скխсво յαнኾг вс иշεնጣ дኪмеձи иյеξу γо ፓынዛбωሥоտ ηալը υፌοнуглоջ ρоքυቼፀчω. Иπа еሠոሱя брιጉодапօς οጴዖժևрот уμослեмεቆ ኣзէчуψ кижοп ο прεрушօξխ ιሑаቨ ոнևցոመοζዐ це снիፕ адեшዣжኽձу у σιфаኟοвሳж. Аእи кըщаዲաξሼ есαμэպас քէжዦкድւоጤ роծин κ պаσዠбεчէ клሿжюլуци эረεзοδищըց τа ዔщሎհяኛюνо шυра ωскэмεф. ይլуծα емոֆуки иժ нтаዴիπахи цοсиսипиቱ ፊзакрип еሶиρեյ ኪеնէኹэςыν ሤኞμխባοኽι. Ебዔвращαቢօ ኛмιдուка ужατሢኁоհο ቭγ зεችоደуկ ո ягըбοгиχι щесв ща ሡсεሖахеኒօп ሢኇуዔютвис. Еցοснуф σоքιጅ ιна እух щокрፋп ֆотυ իзвеሙуζሤх ζуኑուже ዓ ይ φዒкрի οзևպուфե клուτሒζ арсоչոሮ слиμаτотаν ερибр. Vay Tiền Trả Góp Theo Tháng Chỉ Cần Cmnd. 01 mars 2019 Texte paru dans le n° 6 de la revue papier Ballast printemps 2017 Un beau matin, la police française est arrivée, on a ramassé tout le monde, moi compris, et Drancy à nouveau. Mais eux ont tout de suite été déportés », nous raconte Adolfo Kaminsky après nous avoir ouvert les portes de son appartement. Le jeune homme, enfant de parents exilés, travaillait alors pour la Résistance comme faussaire. La guerre achevée, le photographe prolongea cet engagement jusqu’au début des années 1970 aux côtés d’indépendantistes algériens, de dissidents antifascistes et d’activistes sud-africains. Cela, personne ne l’aurait probablement jamais su si sa fille n’avait pas insisté pour recueillir sa parole et la rendre publique, en 2009, dans un ouvrage biographique. C’est ce dernier qui nous a conduits jusqu’à lui. ☰ Par Hassina Mechaï Quand on lui demande de ses nouvelles, Adolfo Kaminsky répond avec un sourire Oh, on ne rajeunit pas. » L’œil gauche est vif, le droit éteint. L’homme a les yeux noirs — la faute aux produits chimiques utilisés pour ses travaux de faussaire. Ils étaient verts, avant. Ceux que j’utilisais pour sauver les gens les ont assombris », précise-t-il. C’était Paris, en 1943. Rester éveillé. Ne pas céder au sommeil. Surtout pas. Les vapeurs des produits engourdissent. La cadence est infernale dans le petit laboratoire clandestin du mouvement de résistance de la 6e EIF1, au 17 de la rue des Saints-Pères. Adolfo Kaminsky a tout juste 18 ans. L’âge de l’intranquillité mais non de l’insouciance dans ce Paris occupé. Marc Hamon — nom de code Pingouin » — vient de lui passer commande de faux papiers pour plus de trois cents enfants français de confession juive. Ce membre de l’EIF a recruté Adolfo Kaminsky pour ses talents de chimiste dans ce laboratoire clandestin. Une rafle visant dix maisons dans la région parisienne est prévue par la police de Pétain. Il faut de tout cartes d’alimentation, certificats de baptême, actes de naissance et laissez-passer collectifs. Le délai est court, trois jours seulement. Tout le laboratoire s’attelle à ce travail, le souffle coupé à l’idée de ne pas y arriver. Une rafle visant dix maisons dans la région parisienne est prévue par la police de Pétain. » Les papiers s’enchaînent dans cet atelier dont la jeunesse des membres étonne encore aujourd’hui. Adolfo se souvient des camarades avec qui il travaillait Le plus âgé avait 24 ans. Moi, 18. Leur travail était de convoyer les enfants vers les caches, à travers les frontières aussi, vers l’Espagne, vers la Suisse. Ils ont fait du très bon travail. C’était une mission pour laquelle il fallait d’abord des papiers. Ces papiers servaient ensuite à sauver des milliers d’enfants. » Il faut être délicat il ne s’agit pas seulement de tout fournir en temps et en heure ; les papiers doivent être parfaits. Un défaut, et c’est la mort assurée pour ceux à qui ils sont destinés. Adolfo contrôle sans cesse, au bord de l’épuisement, de la syncope. Il l’a résumé ainsi s’il s’endort une heure, c’est trente vies de perdues. Alors, quand la fatigue le prend, Adolfo marche et se gifle pour se réveiller… Qui sauve une vie sauve le monde entier », jurent à la fois le Talmud et le Coran. Enfants juifs, résistants, mais aussi survivants des camps, fellaghas algériens, militants antifranquistes, anti-Salazar ou anti-apartheid leur survie est suspendue aux faux papiers qu’Adolfo Kaminsky a confectionnés dans ses ateliers clandestins. Aujourd’hui, à 91 ans, il a derrière lui une vie presqu’entièrement consacrée à sauver les autres. En plein hiver, nous rendons visite à son épouse et à sa fille. Un petit appartement lumineux et moderne, très humble dans le Paris chic. Le vieil appareil photo en bois avec soufflet Je l’ai acheté dans les années 1940, et il marche encore ! » trône dans le salon. Sur les murs, des clichés d’un Paris d’un autre temps un libraire et ses chats, un couple sous la pluie, une ruelle vide, la nuit. Quelque cinquante mille autres dorment dans ses archives. Adolfo nous entraîne dans son atelier une pièce de cinq ou six mètres carrés — une seule personne peut s’y tenir — qui sert de chambre de développement. Ce jour-là, nous avons rencontré un mensch2. [Stéphane Burlot Ballast] Un homme Son état civil tient en peu de mots, qui ne disent rien du moudjahid qu’il fut plus tard, ni du père, grand-père, et mari de la lumineuse Leïla qu’il est désormais Né en Argentine le 1er octobre 1925 de parents juifs russes. » Ils ne disent pas non plus qu’Adolfo Kaminsky était résistant, spécialisé dans la fabrication de faux papiers pour laquelle il refusa toujours d’être payé. J’aimerais être reconnu en tant que photographe et artiste. Ainsi, j’aurais quelque chose à laisser à mes enfants, car nous vivons sur la retraite de mon épouse. » L’homme parle doucement, lentement. Il donne ainsi corps et mots à sa vie tumultueuse. Il pose sa voix, méticuleusement, sans jamais hésiter sur ses souvenirs. Ils sont là, présents de façon évidente. Sur le visage très mobile passent les ombres d’une mémoire souvent douloureuse. L’amusement, aussi, une légère distance ironique avec les évènements. Et puis l’étonnement et l’indignation quand il évoque certains épisodes de sa vie Drancy, Aloïs Brunner, le fascisme et le colonialisme. Sur le visage très mobile passent les ombres d’une mémoire souvent douloureuse. L’amusement, aussi, une légère distance ironique avec les évènements. » Parfois, il arrive qu’Adolfo Kaminsky s’illumine lorsqu’il parle de sa famille et de son travail de photographe. Les yeux de ses enfants portent la trace, intense, du vert de son regard de jeune homme Sarah, comédienne, José — plus connu sous son nom de rappeur, Rocé » — et Atahualpa — prénommé ainsi en hommage au poète et chanteur argentin Atahualpa Yupanqui. Trois enfants qu’il a eus avec Leïla, son épouse algérienne, également photographe à ses heures, rencontrée dans le désert du Grand Sud alors qu’elle était étudiante en droit dans les années 1970. Je suis très fier de mes trois petits », glisse-t-il soudain sur le ton de la confidence, inclinant sa longue silhouette vers les photos des petits-enfants Kaminsky que commente Sarah. Des sourires percent dans la conversation Adolfo Kaminsky a, sans conteste, un humour très fin. Le feu du photographe couve encore dans sa voix. Si ce métier a constitué une couverture commode pour son activité de faussaire, ainsi qu’un réel gagne-pain, il fut avant tout une sincère passion. Stéphane Burlot, photographe présent le jour de l’entretien, s’agite autour de lui en un ballet discret Adolfo Kaminsky observe, sans jamais prendre la pose, plus professionnel que modèle Attendez, voulez-vous que j’ouvre les rideaux, je suis à contre-jour ? » Puis, interrompant soudain ses souvenirs égrenés et se tournant vers l’appareil de Stéphane C’est un Leica ? C’est du numérique, oui ? C’est beau, mais c’est lourd. » Le geste est prévenant et doux. Quand le photographe décide d’utiliser un flash, le modèle s’agite Il fallait me le dire, j’aurais sorti un pied. » Un livre réunissant les très nombreux clichés de son père ainsi qu’une exposition sont prévus en 2017, nous informe Sarah. [Stéphane Burlot Ballast] Aux origines d’un engagement Interrogé sur ce qui a forgé son parcours, Adolfo Kaminsky réfléchit d’abord longuement avant de nous livrer deux faits fondateurs. En premier lieu, l’exil forcé en Argentine que subirent ses parents. Fuyant les pogroms tsaristes, ils s’installèrent d’abord en France, pays des droits de l’Homme », d’où ils furent expulsés après la Révolution russe de 1917, désignés comme rouges ». Quand ils essaieront d’y revenir, un autre périple sans fin mènera les Kaminsky de Buenos Aires à Marseille, avant qu’ils ne soient expulsés vers la Turquie. Un nouvel exil sur les bords du Bosphore, dans une extrême misère, laissera des traces indélébiles. Là, c’est un enfant sidéré qui apprend la valeur des papiers d’ identité », précieux sésame — seul viatique possible pour se doter d’une existence juridique, donc plus stable. Il intègre rapidement que celui qui n’a pas de papiers est condamné à une existence fantomatique. Le sans-papier est un paria », au sens défini par Hannah Arendt — celui qui est condamné à être en-dehors de la société. Les papiers d’identité, il le comprend, donnent le droit d’avoir des droits », et notamment celui de bénéficier de la protection d’un État. Ils lui avaient raconté ce qui s’y passait, c’est-à-dire les chambres à gaz et les expériences médicales sur les internés. » Tout juste adolescent, Adolfo perd sa mère dans des circonstances troubles. Cette dernière est retrouvée morte sur une voie ferrée, à Paris. On annonce à la famille qu’elle serait tombée d’un train en marche. Pourtant, des années après, Adolfo s’interroge encore sur cette mort. Sa mère s’était en effet rendue dans la capitale afin d’avertir son frère, Léon, qu’il était recherché par la Gestapo… Autre évènement pilier pour Adolfo son internement à Drancy. Au cours de l’été 1943, toute la famille, qui vit alors en Normandie, est arrêtée. Dans le train en route vers le camp, le frère aîné d’Adolfo, Paul, a la présence d’esprit d’écrire plusieurs lettres à l’intention du consul d’Argentine en précisant les noms de chacun d’entre eux, réclamant la protection du pays au nom de leur citoyenneté. Il sème ces courriers tout au long du voyage, dans l’espoir que quelqu’un les trouve et les poste — espoir d’un geste de solidarité anonyme qui se produira effectivement. À Drancy, on sélectionne les gens pour aller travailler » en Allemagne — c’est du moins ce qu’on leur dit J’ai été très marqué par mon internement. On nous disait que des enfants, des bébés, partaient en Allemagne pour y être employés. J’ai même vu une femme de 104 ans sur un brancard, dont on disait qu’elle allait travailler là-bas. On prenait les gens pour des imbéciles. Depuis 1942, on savait. Mon père avait reçu des anciens du Bund3, des Allemands qui fuyaient le nazisme. Ils lui avaient raconté ce qui s’y passait, c’est-à-dire les chambres à gaz et les expériences médicales sur les internés. Radio Londres, dès 1942, avait diffusé des messages à ce sujet. Et ensuite on n’en a plus parlé. Mais c’était connu et reconnu. » Le directeur du camp est Aloïs Brunner. L’un des maîtres d’œuvre les plus acharnés de l’extermination des Juifs d’Europe, notamment en France. Ce responsable nazi, qui aimait à inspecter les prisonniers sur lesquels il avait droit d’enfer ou de mort, s’arrête devant le jeune Adolfo. Ce dernier soutient son regard sans ciller. Il avait l’habitude que les gens plient devant lui, mais pour moi ce n’était pas possible. Et il n’y avait aucune raison. Je n’avais pas à baisser la tête et je le regardais droit dans les yeux », dit-il avec une indignation intacte plus de soixante-dix ans plus tard. [Stéphane Burlot Ballast] C’est alors que l’une des lettres de Paul arrive à destination ; le consulat d’Argentine intervient et les Kaminsky sont libérés au bout de trois mois. Ils sont à Paris, sans le sou, soumis aux lois antijuives qui plombent le quotidien déjà gris. Puis, un beau matin, la police française est arrivée et a ramassé tout le monde — moi avec —, et c’était Drancy à nouveau. Pour mon cas, on a dit que c’était une erreur, et on m’a relâché. Mais les ressortissants argentins étaient arrêtés à ce même moment car les relations diplomatiques avec l’Argentine étaient rompues, et j’ai eu de la chance, à quelques heures près, d’avoir été libéré pour la seconde fois ». Suite à un cafouillage administratif, les Kaminsky sont à nouveau relâchés. J’ai survécu au camp de Drancy. J’y ai passé trois mois et j’ai vu déporter des milliers de personnes. Et c’est assez culpabilisant, quand tout le monde a disparu, d’être celui qui reste. » Tout l’engagement d’Adolfo tient dans ce assez culpabilisant », sur lequel il ne s’attarde pas. Une fois à Paris, la famille se disperse. Un authentique faussaire Tu sais retirer les taches d’encre ?, me demanda-t-il. Oui. Et les encres indélébiles ? Je lui ai répondu qu’il n’existait pas d’encre indélébile. » Adolfo est libre mais il doit se cacher, et travailler. Pas simple à concilier. Il fallait des faux papiers et il fallait disparaître. C’est là que mon père m’a trouvé un contact. J’avais rendez-vous avec un jeune des EIF, mais cela, je ne le savais pas du tout. Il m’a dit On se voit en face de la faculté de médecine, à telle heure, juste en-dessous de la statue. Il m’a dit qu’il aurait un journal à la main. On s’est trouvés. Il m’a demandé alors quel nom je voulais prendre, je l’ignorais. Il m’a dit Keller car il fallait garder les mêmes initiales, Adolphe Julien Keller, cela fait alsacien. » Adolfo détaille le souvenir de cette rencontre fondamentale. Il me dit J’indique que tu es étudiant. J’ai répondu Non, je dois travailler, je n’ai pas un sou. J’ai précisé Je suis teinturier. Mon contact s’est rendu compte, et moi aussi du coup, que j’avais des connaissances utiles. Tu sais retirer les taches d’encre ?, me demanda-t-il. Oui. Et les encres indélébiles ? Je lui ai répondu qu’il n’existait pas d’encre indélébile. » Enfant sans diplôme attiré par la peinture Mes parents ont détruit toutes mes toiles pour ne pas que j’envisage d’en faire un métier ! », la chimie, et plus tard la photographie, ce sincère passionné d’encre et de papier fut très vite intégré comme apprenti dans une teinturerie où il acquit les techniques nécessaires pour effacer les taches, même les plus redoutables, et blanchir comme noircir les tissus. Je suis alors arrivé dans le laboratoire de la 6e. Ils étaient tous étonnés de toutes les trouvailles techniques que j’apportais, qui ont été ensuite partagées avec tous les autres laboratoires de France. Nous sommes devenus un laboratoire clandestin très actif », raconte-t-il. Une heure de sommeil, trente vies. Le syndrome de madame Drawda Et puis il y a madame Drawda, rue Oberkampf. Une Française juive persuadée que jamais la France ne les livrera, elle et ses quatre enfants, à l’occupant nazi. Quand Adolfo Kaminsky, ombre qui se glisse dans la nuit, vient l’avertir d’une rafle prochaine par la police française et lui proposer des faux papiers, madame Drawda s’en irrite presque. N’est-elle pas française depuis plusieurs générations ? N’est-elle pas une personne honnête ? Son refus de fuir avec les faux papiers est net. Adolfo Kaminsky en parle encore avec douleur Sous l’Occupation, il y a avait la police de Pétain. Cette femme ne se rendait pas compte qu’il s’agissait de collaboration. Pétain a fait tout ce que les Allemands ont voulu. Elle considérait qu’elle était une citoyenne du pays, qu’elle n’avait rien fait de mal. » Adolfo se raidit un peu plus, hoche la tête et murmure Elle ne se rendait pas compte… » Cette mère et ses quatre enfants, morts d’avoir cru en la France de Pétain, ceux-là ont hanté sa mémoire. Il n’en dit pas plus, laissant planer un long silence. [Stéphane Burlot Ballast] Le Juif athée qu’il est accorde une place à l’injonction biblique du Zakhor, Souviens-toi » ; il conclut simplement, après avoir relaté ce drame Je leur ai fait une place dans mes souvenirs. Les Juifs français étaient dans le piège du maréchal Pétain. Ils étaient français, ils étaient en règle, ils avaient fait la guerre ou leur service militaire, ils ne se rendaient pas compte. Jusqu’au bout. Ils pensaient y échapper. » Il se souvient particulièrement d’anciens officiers de la Première Guerre mondiale, internés comme lui dans le camp de Drancy. Bardés de médailles obtenues pour la France, ces militaires étaient tous juifs ; tous croyaient que le héros de Verdun », leur héros, le maréchal Pétain, leur serait loyal. Le vieil homme se souvient, là aussi J’ai été interné dans un camp avec des officiers de la guerre de 1914 hautement gradés, des grands blessés… tous ces officiers disaient du maréchal Pétain que c’était leur Maréchal, qu’il ne leur ferait jamais de mal. Mais un beau matin, la police française est arrivée, on a ramassé tout le monde, moi compris, et Drancy à nouveau. Mais eux ont tout de suite été déportés, et ensuite ça a été le four. » Court silence, puis Pétain a fait tout ce que les Allemands ont voulu. » Silence à nouveau. Très long, cette fois. Du bon sens Mais un beau matin, la police française est arrivée, on a ramassé tout le monde, moi compris, et Drancy à nouveau. Mais eux ont tout de suite été déportés, et ensuite ça a été le four. » Quels sont donc les ressorts — politiques, philosophiques ou éthiques — de cet homme qui a risqué sa vie, sans rien attendre en retour, pour sauver celle des autres ? Dans quelles forces a‑t-il puisé pour accepter de se ruiner les yeux, la santé, devoir longtemps mettre de côté sa vie sentimentale comme ses aspirations artistiques ? Dans les idées marxistes de son père, peut-être ? Ce Juif russe exilé en Argentine, pigiste pour le journal du Bund. Ce père trop juif pour les Russes, trop rouge » pour la France, qui aura connu une vie d’expulsions. Tous les enfants Kaminsky naîtront à Buenos Aires, acquérant ainsi la nationalité argentine, qui les sauvera un temps sous l’Occupation. Quand on interroge Adolfo sur les conceptions politiques qui auraient pu être à l’origine de son abnégation, il n’évoque aucune grande théorie. Seulement du bon sens. Je connaissais les idées de mon père, mais elles ne m’ont pas particulièrement influencé. » La religion aurait-elle joué un rôle ? C’était une éducation totalement laïque. Nous n’avions pas de religion. » Ni éducation scolaire, ni lectures On a eu une éducation normale, l’école primaire, c’est tout. D’ailleurs, quand je suis entré dans le monde du travail, j’avais 13 ans. » Alors quoi, monsieur Kaminsky ? Mes parents m’ont appris qu’un être humain égale un autre être humain. Qu’il soit blanc, noir, quelle que soit sa religion, sa croyance. C’est un être humain, et tous sont égaux. C’était cela, ma bataille. Il n’y a pas de religion supérieure, il n’y a pas de race supérieure, il n’y a pas de nationalité supérieure. La race humaine est seule et unique. Les gens utilisaient le racisme, c’est complètement imbécile, car les races n’existent pas », répondra-t-il simplement. Mais encore ? Rien du côté du Parti communiste, des lendemains qui chantent, de la lutte des classes ? Aucune influence, vraiment ? Tout juste admettra-il Philosophiquement, je me sentais pacifiste. » Puis il murmure, comme pour lui-même J’étais contre la violence et même contre la mort de l’ennemi. Ce n’est pas comme cela qu’on résout les problèmes, en s’entretuant. » [Stéphane Burlot Ballast] Dès le début de son activité de faussaire, Adolfo Kaminsky évita l’engagement partisan et refusa toujours d’être payé pour ses activités. Ne pas être payé signifiait pour lui n’avoir à obéir à aucun ordre et, plus important encore, ne pas être considéré comme un mercenaire Être payé, c’est être dépendant. Quand quelque chose ne me plaisait pas, je le disais et je ne le faisais pas. Car dans tous les mouvements, quels qu’ils soient, il y a toujours des extrémistes, des gens violents, même pour la bonne cause. Je disais alors, Oui, là je fais et Là, non, je ne suis pas d’accord. J’ai évité ainsi pas mal de morts, de tous côtés. Si j’avais été payé, je serais devenu un employé qui aurait dû obéir et exécuter. J’étais donc indépendant ; quelle que soit la force du parti politique, je pouvais dire des choses comme Là je ne suis pas d’accord. Je pense que j’ai évité ainsi pas mal de désastres », ajoute-t-il en souriant. L’encartage dans un groupe politique ne lui semblait pas non plus compatible avec ses activités Je n’étais pas engagé dans un parti, car être engagé signifie être connu. On ne peut pas mener une action clandestine en étant dans un parti officiel. » Il ajoute Je ne suis jamais d’accord à 100 %. Donc je fais ce pour quoi je suis d’accord, et pas les choses qu’un parti veut imposer, même si c’est la bonne cause. Il y a plusieurs façons de se battre. » Si j’avais été payé, je serais devenu un employé qui aurait dû obéir et exécuter. » Deux épisodes de ses activités de faussaire illustrent ce refus d’obéissance. Le premier se passe sous l’Occupation, quand l’un de ses amis lui demande de l’aide, sous couvert de réunir tous les courants de résistance juifs les EIF et la 6e, le Mouvement de la jeunesse sioniste et l’Armée juive sous l’appellation d’une hypothétique Légion juive ». Il le lui assure, la volonté de réaliser cette union a directement pour origine des directives de Londres, d’ailleurs des armes sont prêtes à être livrées — c’est du moins ce qu’il affirme au jeune Adolfo. Pour cela, il lui faut tous les noms et adresses des membres du laboratoire de la rue des Saints-Pères et des autres réseaux. Refus catégorique du jeune faussaire. Kaminsky ne donnera aucun nom, même à son cher ami Ernest. Il n’en livrera aucun, au risque de perdre l’amitié de cette figure tutélaire, rencontrée à Drancy. Leurs liens se dénoueront alors ; le temps donnera raison à Adolfo, qui aura sauvé son atelier. L’agent de Londres mentionné par Ernest, qui avait fait la demande de liste, se révéla être un membre de la Gestapo. Dans cette opération, tous les principaux responsables des MJS et de l’AJ furent arrêtés. Et liquidés. L’aliyah4 des rescapés des camps Après la guerre, le jeune homme refuse de reprendre ses activités. Terminé les bains de chimie, les nuits complètes à veiller. L’heure est à parcourir Paris, sa chambre de bois sous le bras, à prendre les clichés d’une ville, certes libre, mais encore endolorie et vide. C’est à cette période qu’il est approché par un ancien membre de l’Armée juive qui lui demande, de nouveau, de produire de faux papiers pour les rescapés juifs laissés à l’abandon, et pour ceux, citoyens vendus par les pays européens qui les ont livrés sans états d’âme aux nazis. Se posait désormais pour eux cette question où aller ? Adolfo Kaminsky reprend ses activités de faussaire afin d’aider les rescapés des camps à émigrer vers la Palestine. D’abord réticent, il finit par accepter après s’être rendu brièvement en Allemagne pour constater par lui-même le sort de ces rescapés. Là, aux abords d’un camp, il voit des hordes d’enfants, totalement laissés à l’abandon, errant dans les bois avoisinants. [Stéphane Burlot Ballast] Aujourd’hui, il se souvient encore de ces gens qui y vivaient, présences fantomatiques aux vêtements rayés, attendant un visa pour la Palestine. Adolfo nous raconte cette visite dans ce camp libéré, qui l’a tant marqué Ils n’avaient nulle part où aller. Ils ne voulaient plus retourner en Pologne, ni en Allemagne, car ils avaient été trahis. La Palestine était sous protectorat britannique et seul un très petit nombre avait le droit d’y aller par année. Ces gens-là étaient restés dans les camps, ils n’étaient plus maltraités, ils étaient mieux nourris, mais ils mouraient quand même dans la misère. C’étaient des Polonais, des Français… Tous ces gens ne voulaient plus être étrangers dans leur pays. En Palestine, les deux communautés vivaient encore en paix, les Juifs et les Arabes, ils cohabitaient. Cela aurait pu continuer ainsi, c’était très bien. J’avais moi-même l’intention d’y aller mais quand il y a eu la création de l’État d’Israël avec une religion d’État, pour moi c’était inadmissible, c’était recommencer les injustices et le racisme. » Adolfo Kaminsky ne se considère pas comme sioniste. Simplement, l’idée que chaque individu, surtout s’il est en danger, doit pouvoir circuler librement reste fondamentale. En Palestine, les deux communautés vivaient encore en paix, les Juifs et les Arabes, ils cohabitaient. Cela aurait pu continuer ainsi, c’était très bien. » C’est ainsi qu’il s’engage un temps au service de l’Aliyah Beth, un réseau clandestin d’immigration des rescapés des camps, jusqu’à ce que le groupe Stern, très actif, lui commande un jour un système d’horlogerie à retardement, visiblement destiné à une action terroriste — chose à laquelle Adolfo, pacifiste convaincu, s’est toujours opposé. L’attentat vise Ernest Bevin, ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, grand opposant à l’immigration juive et antisémite notoire. Mais Adolfo refuse de participer à la mort de quelqu’un, même en sachant qu’un autre se chargera de le faire. Il fera le choix de fabriquer la montre qui devait enclencher le détonateur de la bombe… tout en s’assurant qu’elle ne puisse jamais exploser. De l’antifascisme à l’anticolonialisme Sans son engagement pour les Algériens, le récit de la vie d’Adolfo Kaminsky serait incomplet. Le faussaire a en effet été membre des réseaux Curiel et Jeanson qui aidèrent à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Là encore, il se révolte contre le racisme et l’injustice. Le sort des Algériens de métropole, victimes de discrimination et humiliations publiques », lui est insupportable Toutes ces guerres, y compris la guerre d’Algérie, c’étaient des guerres inutiles. Pour l’Algérie, la décolonisation était irréversible. Donc il fallait qu’il y ait le moins de morts des deux côtés. Je ne me suis pas battu pour les Algériens contre les Français. C’était pour qu’ils ne s’entretuent pas et vivent en paix. C’était cela ma bataille. » Il se met, à nouveau, à fabriquer des faux papiers et participe à un projet rocambolesque d’inonder la France de fausse monnaie si le pays devait refuser d’ouvrir les négociations. Mais les accords d’Évian sont signés, et l’énorme quantité de fausse monnaie brûle en un grand feu de joie. [Stéphane Burlot Ballast] Si la suite le désenchante — révolté qu’il est par les luttes fratricides entre les Algériens, devenus souverains —, il demeure fier d’avoir contribué à ce combat Je suis un ancien moudjahid pour l’Algérie », glisse-t-il en se redressant légèrement. On m’invite souvent là-bas ». Là-bas », c’est ce pays où il vivra une dizaine d’années, dans la décennie 1970, pour y fonder une famille. Et là encore, ses connaissances en chimie se révèlent précieuses J’ai créé en Algérie un laboratoire spécialisé pour aider les ouvriers à déterminer les travaux dangereux et leur apprendre à se protéger. On m’a bombardé ingénieur en hygiène et sécurité. C’était mon titre. » Qu’Israël ne soit pas devenu un pays mixte et qu’une religion d’État y soit la règle lui cause alors une autre grande désillusion. En tant qu’athée convaincu, Adolfo Kaminsky n’entend plus faire son aliyah ce qui l’intéresse, c’est la perspective d’un pays solidaire, collectiviste et surtout laïc. Utopiste ? Oui, en un sens je suis et reste utopiste. Pour moi, l’égalité absolue doit être la seule base », reconnaît-il. Là-bas, c’est ce pays où il vivra une dizaine d’années, dans la décennie 1970, pour y fonder une famille. » D’autres causes suivront des luttes de libération sud-américaines à celles menées contre le Portugal de Salazar, l’Espagne de Franco, la Grèce des colonels, contre l’apartheid et en soutien à l’ANC — mission qui sera pour lui la dernière, sa clandestinité lui étant moins évidente à garantir. De faux papiers encore, toujours, des causes à soutenir, à aider, avec la paix en ligne de mire. Et aujourd’hui, pour quelle cause s’engagerait-il ?, lui demandons-nous. Adolfo réfléchit Des causes, il y en a des milliers. Il y a aujourd’hui tous ces gens qui fuient leur pays en guerre, mais ce n’est pas possible, cela a pris des proportions qui ne devraient pas exister. » Et puis le monde actuel, où tout devient immatériel, papiers d’identité comme argent, l’indiffère On peut toujours falsifier des papiers. Mais c’est un autre monde ; il y a les gens qui traquent les cartes bancaires, qui arrivent à sortir de l’argent d’autres personnes par Internet. Je ne connais pas ce monde et il ne m’intéresse pas. » Quand on évoque avec lui les bases de données qui recensent les noms de tant de personnes sous prétexte de sécurité », il hausse légèrement les épaules et répond De toute façon le monde ne change pas. Malheureusement. Ce qui diffère, ce sont les appellations, c’est tout. » Adolfo Kaminsky en convient il est difficile de déterminer contre quoi lutter, désormais, dans une société où tout semble dilué et sans élan. Aujourd’hui, on est dans une guerre de l’argent. Les travailleurs sont pressés au maximum, on ne parle que d’emplois supprimés. C’est l’argent avant tout, l’argent pour enrichir les riches. C’est cela, la France d’aujourd’hui. L’argent et les intérêts de quelques-uns. » Mais, éternel optimiste, Adolfo tempère Il y a l’espoir du réveil de la conscience des gens. Moi, je ne peux plus rien faire. S’ils ne se réveillent pas, ils le regretteront... » [Stéphane Burlot Ballast] Un faussaire sans papiers Quel paradoxe pour ce faussaire que de s’être retrouvé si souvent sans papiers ! On pourrait y voir un clin d’œil facétieux de la vie. Au lendemain de la guerre, Adolfo Kaminsky est menacé d’une mesure d’éloignement, faute de pouvoir prouver sa nationalité. Il s’en indigne. Et quand il rejoint le réseau de l’Aliyah Beth, les premiers papiers qu’il fabrique sont… pour lui, lui qui a combattu pour la libération d’un pays dans lequel il estime alors désormais avoir toute sa place. Des années plus tard, l’histoire se répète en Algérie, quand il souhaite épouser Leïla Adolfo n’étant pas musulman, le mariage doit être contracté à Genève. Et comme ce mariage n’a pas été enregistré en Algérie, son fils aîné, Atahualpa, sera déclaré au consulat… argentin Ce n’était pas simple », admet-il, constamment étonné de ces méandres administratifs qui enferment l’être humain dans des rets absurdes. Lorsqu’il décide de rentrer en France à la fin des années 1980 en raison de la montée de l’islamisme en Algérie, il se heurtera au même écueil. Par ailleurs, la reconnaissance de son passé a pris du temps, par l’État français ». Nulle amertume dans sa voix un simple constat. Adolfo Kaminsky a toujours interrogé son action. Avec intransigeance. S’il fallait transgresser la loi pour sauver des gens, il l’a fait sans atermoiements ni états d’âme. Mais il aura toujours été attentif à ce que ses connaissances et son savoir-faire ne servent que des causes qui lui paraissent légitimes. Pour lui, toutes ses actions n’ont été que la suite logique de son engagement dans la Résistance. Ses enfants eux-mêmes apprendront sur le tard, et presque par hasard, le passé de leur père. Sa fille, Sarah, lui consacrera un livre, basé sur leurs entretiens, Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire En 1944, j’ai compris que la liberté pouvait se gagner par la détermination et la bravoure d’une poignée d’hommes. L’illégalité, tant qu’elle ne bafouait ni l’honneur ni les valeurs humanistes, était un moyen sérieux et efficace à envisager. À ma façon, et avec les seules armes à ma disposition — celles des connaissances techniques, de l’ingéniosité et des utopies inébranlables —, j’ai pendant presque trente ans combattu une réalité trop pénible à observer ou à subir sans rien faire, grâce à la conviction de détenir le pouvoir de modifier le cours des choses, qu’un monde meilleur restait à inventer et que je pouvais y apporter mon concours. Un monde où plus personne n’aurait besoin d’un faussaire. J’en rêve encore. » Au cours de la conversation, nous lui parlons d’une petite fille de notre connaissance, âgée de 8 ans, inconsolable depuis qu’elle a appris l’existence de ces camps où des enfants de son âge ont perdu la vie. Cette petite fille n’a pu être calmée qu’en apprenant que des hommes comme lui existaient ; Adolfo, attentif, se tait, sourit de nouveau et dit, légèrement Je sers au moins à quelque chose. » Éclaireurs israélites de France.↑Mensch signifie, en allemand, être humain ». Et, en yiddish, personne d’intégrité et d’honneur ».↑Fondé en 1897, ce mouvement entendait défendre les Juifs dans une optique socialiste et antisioniste.↑L’aliyah est un mot hébreu désignant l’acte d’immigration en Terre sainte » par un Juif.↑ REBONDS ☰ Lire notre entretien avec Dominique Vidal La lutte contre l’antisémitisme doit se mener en Occident comme dans le monde arabo-musulman », juin 2018 ☰ Lire notre entretien avec Michel Warschawski Il y a une civilisation judéo-musulmane », mars 2017 ☰ Lire notre entretien avec Edgar Morin Il y a toujours eu deux France », février 2017 ☰ Lire notre entretien avec Alain Gresh On peut être croyant et révolutionnaire », novembre 2016 ☰ Lire notre entretien avec Ivan Segré Être à l’affut de toutes les convergences progressistes », septembre 2016 ☰ Lire notre article Marek Edelman résister », Émile Carme, novembre 2015 Publié le 01 mars 2019 dans Antiracisme, Histoire, Portraits
Publié le 25/07/2017 à 2056 , mis à jour le 26/07/2017 à 1105 Nicolas et Lucas sont allés prévenir et secourir les habitants d'une maison en feu, ce qui les a probablement sauvés d'une mort certaine. Ils ne se considèrent pas comme des héros, et pourtant, ce que Nicolas, 22 ans et Lucas, 16 ans, deux frères natifs de Toulouse ont réalisé dans la nuit de samedi à dimanche relève de la bravoure. Les jeunes garçons sont allés porter secours à Marguerite et Roger, un couple de nonagénaires, alors que leur maison partait en fumée. Vers 1 h 30, du matin, avenue de Lardenne à Tournefeuille, une commune limitrophe de Toulouse, les deux frères sont à une soirée chez une amie. Ils sortent discuter sur la terrasse et aperçoivent une épaisse fumée noire semblant provenir d'une habitation proche. " On s'est mis à crier est-ce que le feu est normal ? Comme nous n'avions pas de réponse, nous avons enjambé le grillage et nous sommes allés voir ", raconte Nicolas. Le spectacle qui s'offre à leurs yeux est terrifiant des flammes de près de deux mètres sortent du toit d'une maisonnette. " On a crié sortez d'ici il y a le feu ! On a frappé sur la porte, les volets, partout où on pouvait ", raconte encore Nicolas. Leurs cris ont en enfin l'effet escompté un couple de personnes âgées apparaît à la fenêtre. Là encore, les garçons ont le bon réflexe. " Nous leur avons dit de sortir. Ils étaient sous le choc, la femme avait les larmes aux yeux. Ils voulaient emmener leur voiture, mais je les ai dissuadés, leur disant que le réservoir pouvait exploser, ajoute Lucas. Je leur ai dit qu'il ne fallait pas rester ici, et je les ai accompagnés sur le trottoir, dans un lieu sécurisé. " Il est alors accompagné de Maud. La jeune fille de 17 ans présente à la soirée est venue voir ce qui se passait, ne voyant pas revenir ses amis. Tandis que son frère et Maud accompagnent le couple sur le trottoir, Nicolas, lui, part prévenir le reste de la bande d'amis, ainsi que les pompiers. Grâce à leur coup de fil, les soldats du feu sont rapidement sur les lieux. " Ils nous ont dit que si les personnes étaient sorties trois minutes plus tard, elles auraient sans doute fini par être asphyxiées. Si j'avais dû casser quelque chose pour pouvoir rentrer dans la maison, je l'aurais fait ", témoigne le plus jeune des frères. Tous deux ont eu même le réflexe de demander si des animaux domestiques se trouvent dans la maison. "Si c'était à refaire, je le referai" Le couple de nonagénaires trouve refuge chez des voisins, tandis que les garçons rejoignent le domicile de leur amie. Inévitablement, les discussions tournent autour de l'incendie. La nuit est courte pour Lucas, le futur boulanger rejoint son poste à 6 heures du matin. Ses collègues ont appris ce qui s'était passé ce mardi seulement lorsqu'il s'est rendu au commissariat. Pour les deux frères, leur action de samedi soir n'a rien d'extraordinaire. " Si c'était à refaire, je le referai. S'il y a une vie à sauver, il faut la sauver ", résume Nicolas. Le cœur sur la main, le garçon se destine au métier de soigneur animalier. " Je ne me considère pas du tout comme un héros. Nous sommes fiers, mais je ne vais pas crier sur les toits ce que j'ai fait ", ajoute Lucas. Depuis les faits, l'adolescent réfléchit à l'éventualité de devenir pompier volontaire. Caroline, leur maman est fière elle aussi, mais nullement surprise. " Je connais les valeurs de mes enfants. Ce sont celles que nous leur avons inculquées. Pour nous, c'est naturel d'aider. Ma mère est une militante très active pour les droits des animaux et des êtres humains. Je pense que les enfants ont eu le gène ", sourit la mère de quatre garçons. Pour le moment, Marguerite et Roger n'ont pas encore pris contact avec leurs sauveteurs mais " ils ont prévu de le faire ", précise Stéphane, leur petit-fils. Une enquête est en cours. La maisonnette dans laquelle ils vivaient depuis de nombreuses années a été très gravement endommagée par l'incendie, toute la toiture est détruite. L'origine du sinistre n'est pas encore connue, mais la thèse accidentelle est la plus probable.
Accueil À la Une En continu Guide Impôts Podcasts Économie & Politique Entreprendre Innover Opinions Culture Sabato Les Marchés À la Une Tableau des cours Bourses Fonds Change Matières premières Taux d'intérêt Portefeuille Mon Argent Actu Énergie Impôts Immo Succession et donations Pension Banque et Assurances Travail Budget Épargne et placements Journal Aide menu Rechercher Rechercher Au Brésil, une campagne présidentielle entre crise économique et incertitude démocratique Malgré le désir d'AB InBev d'en sortir, la Leffe est brassée en Russie analyse La Grèce est libérée de sa surveillance rapprochée, mais reste vulnér... MSC et Lufthansa prêts à débourser 850 millions d'euros pour la compagnie aérienne ITA Warren Buffett obtient le feu vert pour racheter 50% d'Occidental Petroleum Le réacteur nucléaire Tihange 2 a redémarré Qui a un droit de regard sur vos comptes bancaires? La Flandre dégage plus d'un milliard d'euros pour la rénovation énergétique Denis Knoops TheMerode "Le business club, c'est LinkedIn; nous voulons aussi être Facebook, Instagram et Tiktok" Alexia Bertrand MR "Je suis candidate à la ministre-présidence bruxelloise en 2024" interview Thomas Gunzig, écrivain "Philip K. Dick nous apprend à regarder la r... Actu Culture Cinéma Publicité Publicité Dans ce film, c'est l'absence de choix dans le chef des scénaristes qui pose problème. Le film ne décolle jamais tout à fait. 2/5
Contenu principal Recherche Pied de page Billet de blog 28 oct. 2015 Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus. Le Talmud enseigne que sauver une seule vie sauve l'Humanité entière. A notre époque, sauver un migrant, une migrante, de son renvoi vers nulle part autre que la mort, la déportation, ou la fin misérable de son existence, est une attitude digne et responsable de toute personne consciente de sa propre liberté. Quelque soit le degré de clandestinité à payer, quelque soient les risques encourus, un citoyen, une citoyenne, une famille d'Europe qui prendra, durant cet hiver 2015, le risque d'entrer dans l'illégalité pour empêcher une fin scandaleuse à un migrant, une migrante, est une, ou sont des personnes, qui protégeront la Civilisation, notre Civilisation, de sa Chute ultime. Le symbole est fort. Il est vrai. Selon le Talmud, la preuve de la valeur infinie de la vie humaine est que Dieu, à l’origine, n’a créé qu’un seul être humain, Adam. Si Adam avait été tué, toute l’humanité aurait donc été détruite. A l’inverse, s’il était sauvé, c’est l’humanité entière qui était sauvée. Du point de vue du judaïsme, que chaque vie humaine soit dotée d’une valeur suprême a de nombreuses implications. Mais cela signifie d’abord que celui qui tue un innocent commet le plus grave des crimes tuer dix personnes de plus augmente la dimension du crime, mais pas sa gravité. Cet enseignement a aussi des implications sociales, politiques et économiques. Comme l’a dit le rabbin Irwin Kula À la lumière de cette affirmation, nous devons faire notre possible pour bâtir un monde dans lequel chacun sera traité comme s’il était d’une valeur infinie. En vérité, que signifie affirmer que chaque être humain a une valeur infinie lorsque des gens meurent faute de l’équivalent d’un dollar de nourriture par jour ? » On ira où tu voudras si je te dis viens et même si le monde souhaite acclamer notre mort nous resterons de beaux migrants encore nés aux couleurs de l'été indien. Chassé des rochers mais pas de nos coeurs; chasser toutes nos lâchetés et nos peurs, et t'accueillir dignement, quelqu' en soient les conséquences et le prix à payer pour cette désobéissance. Les articles les plus lus Journal — L’affaire biens mal acquis » Recommandés par nos abonnées À la Une de Mediapart Journal — Culture-Idées Les Enfants terribles », une révolte d’enfants turcs Les États généraux du film documentaire s’ouvrent dimanche 21 août à Lussas, en Ardèche. À cette occasion, en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, nous diffusons un film qui y avait fait sensation l’an passé le quotidien d’une famille rurale turque filmée par l’un de ses fils, Ahmet Necdet Çupur. Où les enfants se battent contre l’autorité et les valeurs traditionnelles de leurs parents. Journal — Europe Grèce l’Europe arrête la surveillance d’un pays toujours en crise Ce samedi 20 août, la Grèce en a fini avec douze ans de surveillance européenne. Cette décennie, marquée par un choc d’austérité sans précédent, laisse le pays démoralisé et dévitalisé. PIB, endettement, banques, emploi… aucun des problèmes de la crise grecque n’a été résolu. Mais l’Europe ne veut plus entendre parler de la Grèce. Journal — Europe L’éprouvante semaine du chancelier allemand Scholz Incapable de faire taire les accusations qui le lient à un scandale bancaire retentissant, pris en défaut de leadership face à un chef d’État relativisant l’Holocauste… Le chancelier allemand Olaf Scholz s’est distingué par son mutisme au cours d’une semaine de rentrée difficile. La sélection du Club Billet de blog Ces immigrés qui ont libéré Paris et la France Français, n’oubliez pas les immigrés qui ont été en première ligne contre la nazisme et le vichysme. Encore une fois, les autorités et peut-être la majorité des Français ont tendance à ignorer ceux qui ont été souvent décisifs comme combattants en première ligne contre la nazisme et le vichysme, et pour la Libération de Paris et de la France. Billet de blog Italie le désastre désorganisé Alors que la droite et l'extrême droite menacent de remporter les élections législatives du 25 septembre, le centre-gauche tergiverse sur la campagne à mener. Les causes de cette situation sont nombreuses. Une fois encore, l'Italie est un laboratoire politique mais cette fois pour le pire. Billet de blog Contre le racisme et le fascisme, il faut reprendre le chemin de St Bernard C'était il y a 26 ans. Un mouvement de grève. Puis des mois d'occupation par celles et ceux qui allaient se renommer sans-papiers ». Puis une mobilisation anti-raciste et anti-fasciste mettant en crise le Front National. Il faut reprendre le chemin de St Bernard ! Manifestation ce samedi. par Marche des Solidarités Billet de blog Marianne Cohn, le nom d'une femme valeureuse que vous ne trouverez pas à Genève L'histoire de cette jeune résistante juive assassinée par les nazis aux portes de Genève alors qu'elle cherchait à y faire passer des enfants en grand danger est peu connue du côté de la frontière où ils trouvaient leur salut. L'absence de mémoire, ce n'est pas seulement l'oubli, c'est aussi, c'est d'abord l'ignorance et l'indifférence.
celui qui sauve une vie sauve le monde entier