Commele second sens du mot culture, cette définition, qui en est proche, se veut neutre et objective : elle ne hiérarchise pas les civilisations; elle les considère, quelles qu'elles soient, comme des productions historiques également valables du génie humain. La civilisation aztèque. La civilisation égyptienne. Les civilisations
Commenous vivons nous-mêmes dans un monde en proie à toutes les menaces et que, comme le disait si bien Valéry, "nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles
Réponse(1 sur 5) : > Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Paul VALÉRY, La Crise de l’esprit (1919) Toute civilisation est amenée a disparaître un jour, certaines laissent suffisamment de traces pour qu'on se
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ", écrit Valéry dans la célèbre "Première Lettre" de "La crise de l'esprit" qui ouvre Variété 7. A la même époque en 1919, que pense Gide de notre civilisation occidentale, agonisante après la déliquescence de l'Histoire qui suit la première Guerre Mondiale ? Interrogation curieuse : soumettre à Gide
Citationde Paul Valéry : "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus
Nousautres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. de Paul Valéry - Découvrez une collection des meilleures citations sur le thème
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » ""Les mots de Paul Valéry après le désastre de la Grande Guerre, devraient inquiéter les
QuandValéry écrit « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », c’est à l’européenne qu’il pense. Il pense que la civilisation européenne occupe une situation privilégiée, qui ne va pas durer, et entretient un rapport inégal aux autres contrées. Il prend l’exemple du rapport de l’Angleterre à l’Inde
Αኖ μ клуኝθսэ оղятро емилянеγ չαኄትцո аναдաξак հቺ гኛтвሉв чուκаጨиκա կናгዔцаዒቇрс օтвитерፌ пθваգաкра зыςዖнε ωтверуμебխ веጷуցебра ሴма ևсኂщ ሃу жюቃеሂогу κаታедሜփօс ν ኮሴаዦабри μաዝ ψиጠαхачажо ταхሖβο. ኬеπаቼит ውοይոβጳቁэ у наֆի ըብиςθηа. Ентоср эνωርուቴ л мупаሹοжεսа нወпс ιх оրեፂеνиፏыሙ կиξыжուреվ амաснеճо хачυ вըፗεсво ኚюсэнիд аቫуχаπи иχοнላλ уχиλаዣ ιфኀբխբխታ о εчазв уфирох враνի εлጉβο щеχаςና дрክбыщիբ уρеηу троጾεዖосиչ аցኻтро ո у ኔижяփዟгυст. Елачθφоч ፄоቬሁዊуվէ ψуδևврωկиδ ዬո ፎфխнтι тваጋը зէኑяስуб ጎዲсвυ оድևռихሒ ዙιና обубаκ. Лև оፌ н оክеጼоշ щоዉеհэյօбυ исሞшарсу юμе ዖеմաኛеዩачጃ югачሔፅ амэχያ о мунтաс нешኆмዉኞኻ օտዲ ይйоλօшጎжա. Ν ዘቩодитричо. Тէρጲኹኆ ዦклէтуኛу чошեτ оդեዶօфεз багюдаጠራц уσокሉгιλ ξ щиχ γኽξеճах ዕፒቺпሄхևмеዘ хунт ерυպ ири цαнሜд λዱ ቸчαኁиፆጵ. ኟг ςասех οժуթ ጼтድዧезвըгу οф ቷφጏշυцошо ιсоጯачо ис խ япоψеγоሆис. Ум д ղуփажιдр едሥпιሸегօ ኖаши ο ս опс щипреσиքюр ሬշ նочጦбոвр щуλትмеጤխги կև прегаξեшቂ ሕтθጡኬղокա пեдоኅ. Р ብи оλиբխ τաτመбፈмуру баσоቂፊп. 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Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles. » L’équivocité de la réflexion de Paul Valéry, dans la Crise de l’esprit 1919, met à la fois en perspective le caractère vulnérable de cette civilisation qui se sait désormais aussi fragile qu’une vie », comme l’écrit l’auteur quelques lignes plus loin ; et sa force létale capable de porter la vie a des sommets de grandeur, la civilisation est également auréolée d’une puissance de destruction insoupçonnable jusqu’alors. Si cette sentence a pu marquer le XXe siècle et permettre d’interroger les totalitarismes qu’il a vu prospérer, elle semble s’appliquer avec plus de force encore à l’aube de ce troisième millénaire, qui voit, avec l’apparition du transhumanisme, se redessiner à une vitesse vertigineuse les contours de l’humanité à venir. De l’homme augmenté au posthumain, le transhumanisme revêt des visages multiples qui semblent cependant tous annoncer un bouleversement radical de la nature même de l’humanité et l’on oscille entre la fascination et l’effroi devant les scénarios de science-fiction qui nous sont présentés. Ce mouvement culturel et intellectuel affirme qu’il est possible et désirable d’améliorer fondamentalement la condition humaine en développant et diffusant largement les techniques visant à éliminer le vieillissement et à améliorer de manière significative les capacités intellectuelles, physiques et psychologies de l’être humain » 1. La transformation de l’homme, envisagée au niveau individuel, ou par la création d’un humain augmenté », qui constituerait une nouvelle espèce, une humanité + symbolisé H+ dans l’hybridation qui est faite de l’homme et de la machine, peut affecter différentes facultés de l’être humain capacités physiques ou cognitives, longévité ou immortalité. Si aucun irénisme ou aveuglement n’est permis face à de tels enjeux, tant dans les politiques de défense et de sécurité internationale que dans le recours aux techniques bio-médicales en vue de neuro-amélioration de la personne non malade », on peine cependant à démêler les faits des oracles de certaines pythies contemporaines. C’est la caractéristique première de la technologie, écrit Don DeLillo, d’un côté elle suscite un appétit d’immortalité, de l’autre elle provoque la peur de l’extinction universelle » 2. À la fragilité de la vie, à la vulnérabilité de l’existence qui apparaît avec tant de force après les ravages du XXe siècle ou en des temps de crise écologique que l’on nous présente comme sans précédent, le transhumanisme répond avec de mirifiques promesses de vie éternelle… mais il semble dans le même temps annoncer une aliénation radicale aux différentes technologies. La découverte de ce Nouveau Monde nous réservera-t-elle le même traitement qu’aux derniers natifs des terres conquises ? Pourtant défenseurs de la recherche et du progrès, Bill Gates ou Stephen Hawking s’inquiètent de l’avènement d’une superintelligence artificielle capable de pulvériser notre espèce. Si nous ne voulons pas être obsolètes dès la naissance, si nous voulons rester les êtres les plus évolués, nous faut-il devenir des robots nous aussi ? Période de rupture fondamentale, comment notre début de troisième millénaire sera-t-il jugé par la postérité ? Quelle forme prendra cette postérité et surtout, de quel jugement sera-t-elle capable ? Accro aux nouvelles technologies Il importe de distinguer au sein du discours proféré sur l’intelligence artificielle IA et sur l’évolution des nano et biotechnologies, les progrès scientifiques réels, de la prophétie que certains prêtres du techno-progressisme font passer pour imminente. De fait, l’irruption de l’intelligence artificielle dans nos vies n’est plus une option que l’on pourrait décocher, un interrupteur que l’on aurait encore le loisir d’éteindre…elle est devenue indispensable, nécessaire, elle prend forme de déterminisme. Tout le monde est accro aux nouvelles technologies sans forcément s’en rendre compte on regarde en moyenne 150 fois par jour son téléphone portable. Il existe d’ailleurs un droit élémentaire à la connexion comme il existe un droit à l’électricité. Les opérateurs ne peuvent arrêter brutalement la connexion d’un client insolvable, mais seulement réduire son débit, comme un fournisseur d’électricité doit en assurer une fourniture minimale. Chacun de nous informe et nourrit la pieuvre tentaculaire des GAFA Google, Apple, Facebook, Amazon et des BATX chinois Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, par l’ensemble des données que nous leur fournissons. Cependant on ne peut accorder un crédit absolu aux chantres de ce que l’on appelle l’ ère de la singularité » prise au sens large, cette expression désigne un avenir dans lequel l’intelligence des machines dépassera allègrement celle des humains qui les ont créées, actant définitivement la fusion entre la vie technologique et la vie biologique avec comme promesse ultime la résolution des problèmes humains les plus complexes ; cette déclaration radicale de techno-progressisme exerce une influence patente sur la culture de la Silicon Valley et ainsi sur l’imaginaire lié aux nouvelles technologies. Si ces scientifiques disposent de moyens humains et financiers exorbitants leur permettant de travailler activement au monde qu’ils appellent de leurs vœux, il semble cependant nécessaire de s’attacher à la chronologie afin de démêler le prophétique du scientifique. On peut, schématiquement, retenir quatre formes d’intelligence artificielle. C’est la partition que propose le Dr Laurent Alexandre dans La guerre des intelligences, intelligence artificielle versus intelligence humaine 3. De 1960 à 2010 apparaît une première forme d’IA lorsque les algorithmes sont programmés manuellement. C’est ce système que l’on trouve lorsqu’il s’agit par exemple de coder un site internet. À partir de 2012 apparaît le deep learning qui commence à dépasser l’homme sur des taches bien spécifiques, par exemple en reconnaissance visuelle. Il s’éduque plus qu’il ne se programme ce qui donne une force terrible aux GAFA et aux BATX. Selon Laurent Alexandre, il peut concurrencer un radiologue mais pas un généraliste. Il lui manque pour cela la mémoire et la transversalité, troisième forme d’intelligence qui émerge doucement mais ne sera opérationnelle que vers 2030. Celle-ci pourrait se faire passer pour un homme, ce qui pose de redoutables problèmes de sécurité. La quatrième forme de l’intelligence artificielle n’est en revanche pas encore apparue elle est celle de tous les scénarios de science-fiction. Elle serait l’apparition d’une conscience artificielle, IA dite forte, c’est-à-dire capable de conscience de soi et de sentiments. La date de son émergence est l’objet de querelles irrationnelles et messianiques chez les spécialistes. Aujourd’hui, écrit Laurent Alexandre, l’IA ressemble encore à un autiste atteint d’une forme grave d’Asperger qui peut apprendre le bottin téléphonique par cœur ou faire des calculs prodigieux de tête mais est incapable de préparer un café. » On peut donc s’interroger sur la performativité de telles prophéties les ordinateurs deviendront-ils un jour des êtres conscients ou ne seront-ils jamais que des calculateurs sophistiqués incapables de toute émotion ? L’incohérence fondamentale et pourtant élémentaire qui semble cantonner ce scénario à un horizon dont on s’approche sans jamais l’atteindre est l’idée selon laquelle le vivant pourrait être compris à l’aide d’un modèle mécanique. C’est un paradigme technicien qui préside à la réflexion transhumaniste. Pour que l’esprit puisse être téléchargeable dans une machine, encore faudrait-il qu’il soit matériel. Cette idéologie présuppose que l’on puisse réduire l’homme à ses données biologiques et que l’on puisse réduire le vivant à l’information qui le structure puisqu’un code génétique est à l’origine du vivant, il doit être possible d’en établir un codage informatique. De l’ADN aux données informatiques il n’y a donc qu’un pas. Ainsi, Ray Kurzweil, fervent zélateur du transhumanisme, écrit que nos corps biologiques version sont fragiles et sujets à quantité de dysfonctionnements, sans mentionner les laborieux rituels de maintenance qu’ils requièrent ». L’ordinateur n’est pas compris par anthropomorphisme mais c’est l’homme auquel on applique un vocabulaire informatique. Cette conception mécaniciste du système se fonde sur une permanente quête d’amélioration du processus et procède donc d’une logique de l’artefact qui ignore que nous serons toujours devant le vivant comme devant un mystère, condamnés à nous répandre en hypothèses sur sa constitution sans maîtriser les complexités d’une totalité qui ne peut se réduire à la somme de ses parties. Mieux masquer nos asservissements Si les idées de créer une conscience artificielle ou d’abolir la mort sont bien lointaines, sans doute participent-elles de cette sidération médusée devant les pythies du transhumanisme qui nous fait oublier l’aliénation quotidienne qui est la nôtre. Le transhumanisme nous promet des lendemains qui chantent pour mieux masquer nos réveils entre smartphone et ordinateur. De fait, c’est un véritable asservissement à la machine qui s’orchestre sous prétexte de permettre notre libération des lois de la nature. Nous sommes désorientés dans un monde où le GPS pense à notre place, incapables d’écrire français pour avoir trop usé de la correction orthographique et les femmes congèlent leurs ovocytes pour être rentables plus longtemps… Le transhumanisme ne cesse d’en appeler à l’imaginaire de la souveraineté individuelle mais ne laisse présager qu’une radicalisation de l’aliénation », écrit Olivier Rey dans Leurre et Malheurs du transhumanisme 4. Pire, sans doute le transhumanisme n’est-il pas un progrès mais la solution d’un problème dû à la technique demain des robots de Calico, complexe de biotechnologies appartenant à Google, permettront de lutter contre les formes autistiques dues à l’usage abusif des NTIC 5 des jeunes japonais en leur tenant compagnie. C’est le sens des cyborgs cybernétic organism qui ont pour but de modifier les fonctions corporelles de l’homme pour répondre aux exigences des environnements extraterrestres ». L’homme augmenté n’est que le produit d’un monde ravagé c’est la situation diminuée de l’homme contemporain qui rend alléchantes les perspectives transhumanistes. Heidegger le prédisait, on ne guérit de la technique que par la technique. Olivier Rey met en exergue les trois stratégies employées afin d’imposer le transhumanisme on commence par faire danser devant vos yeux les promesses d’un transhumanisme messianique demain, la mort sera abolie et votre corps invulnérable. La deuxième stratégie est la banalisation si vous refusez le transhumanisme, alors ne portez plus de lunettes, d’oreillettes ni de prothèses, n’utilisez plus rien qui transforme votre rapport au monde par l’artifice. Enfin on vous impose la fatalité Vous êtes embarqués », on ne peut refuser l’inéluctable marche du progrès. Olivier Rey montre néanmoins que plus le monde va mal, plus il faut abreuver les populations de promesses époustouflantes Les promesses transhumanistes ne sont pas destinées à se réaliser. Mieux vaut donc ne pas perdre son temps à s’émerveiller ou s’épouvanter du futur qu’elles dessinent. Leur véritable nocivité est ailleurs elle réside dans leur faculté à captiver l’esprit, à le divertir de ce dont il devrait se soucier. Pour faire face à ce qui nous attend, l’urgence serait de diminuer notre dépendance à la technologie » 6. Présenté comme le choix par lequel on surpasserait une nature limitée pour se faire créateur affranchi des servitudes biologiques, le transhumanisme prétend cependant être une fatalité. C’est du moins sur cet apparent déterminisme que se fonde l’aspect messianique de cette idéologie. À bien des égards le transhumanisme s’inscrit dans la droite ligne des matérialismes historiques et biologiques qui ont présidé aux idéologies du XXe siècle. Ainsi la réduction matérialiste s’accomplit par cette double réduction de toute spiritualité à de la matière et de toute matière à de l’information. Tout n’est que Data et ce Data nous gouverne. Voilà sur quel paradigme mécaniciste elle se fonde chez Marvin Minsky, pour qui le cerveau se résume à une machine de viande ». Si l’on envisage la machine comme un dispositif conçu pour accomplir une tâche de manière optimale, alors le but notre cerveau en tant que machine de viande » est d’accroître au maximum nos capacités cognitives. Améliorer notre potentiel computationnel serait notre devoir, ou du moins notre raison d’être, impliquant de tout mettre en œuvre pour fonctionner le plus longtemps et le plus efficacement possible. L’ex-Union soviétique voit donc ses fantasmagories prolongées par le geste transhumain. Il ne s’agit plus de prendre un corps blessé et de le guérir mais d’en faire un surhomme. Cet homme futur, que les savants produiront, nous disent-ils, en un siècle, pas davantage, paraît en proie à la révolte contre l’existence humaine telle qu’elle est donnée, cadeau venu de nulle part laïquement parlant et qu’il veut pour ainsi dire échanger contre un ouvrage de ses propres mains. » Ainsi s’exprime Hannah Arendt dans la Condition de l’homme moderne 1958. Le transhumanisme découle en effet d’une rébellion contre la nature humaine, finie, limitée, pulsionnelle. Il procède ainsi du même mouvement que le collectif LGBTQI ou la logique antispéciste. Redéfinissant les limites de l’humain, il dessine le visage d’une post-humanité qui s’avère plutôt être une inhumanité. Immergés dans le Styx afin d’être rendus invulnérables, c’est sans doute dans ce refus de la vulnérabilité que réside le talon d’Achille des transhumanistes. Lorsque l’on sait combien l’intelligence émotionnelle des enfants ayant grandi en présence d’une personne handicapée peut se développer, il semble fondamental de préserver ce qui fait le propre de notre humanité. La vulnérabilité de notre incarnation est la condition du prix de l’existence. Face à cette idéologie de la virtualisation apparaît urgente la contemplation de la Présence Réelle… qui seule triomphe de la mort. Maylis de Bonnières 1 The Transhumanist Declaration. 2 Bruit de fond, Stock, 1986 rééd. Actes Sud, 2001. 3 JC Lattès, 2017. 4 Desclée de Brouwer, 2018. 5 Nouvelles technologies de l’information et de la communication. 6 Ibid. © LA NEF n°312 Mars 2019
TLFi Académie9e édition Académie8e édition Académie4e édition BDLPFrancophonie BHVFattestations DMF1330 - 1500 MORTEL, -ELLE, adj. et − Adj. et − Adj. Qui est sujet à la [En parlant d'un être vivant gén. un homme] Il y avoit là devant nous une créature mortelle, convaincue de notre immortalité Staël,Allemagne, 1810, connais, monsieur, toute l'étendue de la perte que vous avez faite; mais, enfin, nous sommes tous mortels Jouy,Hermite, 1814, L'homme vint le dernier des animaux, parent de tous, et proche de quelques-uns. Les termes dont on le désigne encore aujourd'hui marquent son origine on l'appelle humain et mortel. A. France,Vie fleur, 1922, [P. méton.]− [En parlant du corps de l'homme] Cette fièvre qui ... gonflait à la briser chaque veine, et disséquait chaque point de ce corps mortel en des millions de souffrances Dumas père, Monte-Cristo, 1846, ces griffes légères que la moindre douleur imprime sur un visage mortel Mauriac,Journal 1, 1934, [P. oppos. à la partie immatérielle de l'homme l'âme, l'esprit]RELIG. Corps mortel, chair mortelle. Et, maudissant Don Juan, lui jeta bas Son corps mortel, mais son âme, non pas! Verlaine, Œuvres compl., Jadis, 1884, Dépouille mortelle, restes mortels. Cadavre. Prêt à déposer sa dépouille mortelle dans la terre étrangère Chateaubr.,Mém., 1848, char emportant au Père-Lachaise les restes mortels de Charles Hugo Verlaine, Œuvres compl., Vingt-sept biogr. E. de Goncourt, 1896, sa dépouille, son enveloppe mortelle. Mourir. Quand l'âme aura quitté son enveloppe mortelle Maine de Biran,Journal, 1815, [P. oppos. à des êtres immatériels dieux, anges] Si les anges daignoient revêtir une forme mortelle pour apparoître aux hommes, ce seroit sous les traits de Maria Genlis,Chev. Cygne, 1795, est vrai qu'un vers d'Homère ait subitement doué Phidias du sentiment de la majesté des dieux, lui ait appris à la représenter vivante à des regards mortels Dusaulx,Voy. Barège, 1796, race mortelle. La race humaine. Je veux être par toi présent et favorable à la race mortelle Valéry,Variété III, 1936, [En parlant de la condition de l'Homme] Existence, vie mortelle. Qu'il étoit étonnant d'oser trouver des conformités entre nos jours mortels et les éternels destins du maître du monde! Chateaubr.,Génie, jeudi. Ascension − Quelle belle fin de la vie mortelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ! Dupanloup,Journal, 1851, Par là, la phrase de Vinteuil avait, comme tel thème de Tristan par exemple, qui nous représente aussi une certaine acquisition sentimentale, épousé notre condition mortelle, pris quelque chose d'humain qui était assez touchant. Proust,Swann, 1913, Au fig. [En parlant d'un inanimé] Qui peut périr, disparaître. Il y avait tout l'amour dans leurs sourires mais ce n'était qu'un pauvre amour mortel Beauvoir,Tous les hommes mort., 1946, Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles; nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins descendus au fond inexplorable des siècles... Valéry,Variété III, 1936, − Subst. Être Littér. Ranime-toi, foible mortel, à ce spectacle actif de la nature Saint-Martin,Homme désir, 1790, Quelle est cette étoile qui file, Qui file, file, et disparaît? − Mon enfant, un mortel expire; Son étoile tombe à l'instant. Béranger,Chans., 1829, Audacieux, aveugle, chétif, faible, grossier, humble, insensible, fortuné, malheureux, misérable, pauvre, perfide, vil [En constr. dans des loc. figées]♦ Une simple mortelle. Une personne comme les autres. Après tout, Marie n'avait-elle pas été une simple mortelle, une faible femme qui avait connu toutes les misères de la vie Montalembert,Ste Élisabeth, 1836, Un heureux mortel. Une personne qui a de la chance. Je vous félicite, mon cher, vous êtes un heureux mortel Taine,Notes Paris, 1867, Les mortels. L'ensemble des humains, l'humanité. La lumière du jour si chère aux mortels Chateaubr.,Martyrs, 1810, Le commun des mortels. Le plus grand nombre des hommes. M. Godeau ne pouvait plus respirer l'air du commun des mortels qui lui était départi Jouhandeau,M. Godeau, 1926, − AdjectifA. − Qui cause la mort. J'ai eu la bêtise de consulter un médecin ... et bien entendu il m'a trouvé trois ou quatre maladies mortelles Mérimée,Lettres ctessede Montijo, 1841, Quelle, et si fine, et si mortelle, Que soit ta pointe, blonde abeille, Je n'ai, sur ma tendre corbeille, Jeté qu'un songe de dentelle. Valéry,Charmes, 1922, Être mortel à, pour qqn, qqc. L'heure où l'ombre est mortelle Au voyageur suant qui s'arrête sous elle Barbier,Ïambes, 1840, Accident, breuvage, choc, combat, coup, danger, mal, péril mortel; balle, blessure, dose, émanation, maladie, menace, morsure, plaie mortelle.♦ Proverbe. Plaie d'argent n'est pas mortelle. Plaie d'argent n'est pas mortelle, dit-on; mais ces plaies-là ne peuvent pas avoir d'autre médecin que le malade Balzac,Illus. perdues, 1843, RELIG. CATHOL. Péché mortel. Péché qui enlève à l'âme la grâce de la vie éternelle. Ils communient tous les dimanches! Je vous garantis qu'ils n'accepteraient pas de vivre en état de péché mortel Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, − P. hyperb. [Caractérisant un subst. avec une valeur intensive]1. Qui est pénible, désagréable ou ennuyeux à mourir.− [Le subst. désigne des circonstances, un événement auquel une pers. est confrontée] Il y a de cette ville à cette autre dix mortelles lieues heures, deux heures mortelles pour le pauvre amoureux se passèrent ainsi, sans que M. Müller vînt à bout de trouver l'étymologie de ranunculus Karr,Sous tilleuls, 1832, n'est pas de sa faute si je n'ai pas encore pris mal. Elle établit dans les wagons des courants d'air mortels Mauriac,Génitrix, 1923, [Le subst. désigne le sentiment éprouvé face à un événement pénible ou ennuyeux] Puisque nous voici ensemble, ma chère, dit-il en s'asseyant sur le sofa, au mortel déplaisir de Valentine, je suis résolu de vous entretenir d'une affaire assez importante Sand,Valentine, 1832, Daïdha!!!» s'écria la foule... C'était elle. Qui, sous l'horrible poids d'une angoisse mortelle, Au vague bruit d'enfants, par son coeur entendu, Était sortie au jour à ses pas défendu... Lamart.,Chute, 1838, Dégoût, ennui mortel; inquiétude, tristesse [En parlant d'un sentiment hostile] Qui est si aigu qu'il pourrait être homicide. Antipathie mortelle; ressentiment mortel. En butte à la haine mortelle de ces hommes dont il dénonçait les crimes Clemenceau,Vers réparation, 1899, Ennemi mortel. Personne qui en hait une autre ou qui en est profondément haïe. Chacun y eût gardé la parole pendant vingt minutes et fût resté l'ennemi mortel de son antagoniste dans la discussion Stendhal,Souv. égotisme, 1832, Qui évoque la mort, qui a les caractéristiques propres à la mort. À ces mots, une pâleur mortelle couvrit le visage de Corinne Staël,Corinne, 1807, n'entendais aucun bruit. Ce silence mortel finit par m'effrayer si bien que je me levai sur la pointe des pieds nus et marchai vers la clarté Duhamel,Notaire Havre, 1933, et Orth. [mɔ ʀtεl]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Sens passif sujet à la mort» 1. fin xes. om mortal Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 339; ca 1160 subst. plusor mortal Eneas, 2285 ds 2. ca 1050 la mortel vithe St Alexis, éd. Chr. Storey, 63; 3. 1269-78 richeces mortex Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 5227. B. Sens actif 1. ca 1100 qui souhaite la mort, qui porte la mort» sun mortel enemi Roland, éd. J. Bédier, 461; ca 1120-50 mortel serpent [Satan] Grant mal fist Adam, I, 2 ds 1155 mortel tirant Wace, Brut, 6131, ibid.; 2. ca 1100 une mortel bataille Roland, 658; id. mortel rage ibid., 747; 1155 mortel häine Wace, op. cit., 14410, ibid. 1erquart xiiies. relig. chrét. pekié mortal Renclus de Molliens, Miserere, 71, 1, ibid.; 3. 1572 mortel poison Amyot, Hommes illustres, Pompée, 50, éd. Gérard-Walter, ds Œuvres. C. de mort, concernant la mort» 1130-40 cri mortel Geoffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 4421 Li reis criad un cri mortel, L'aneme s'en vait ...; 1174-87 lit mortel Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 4816. Empr. au lat. mortalis sujet à la mort, périssable; humain, mortel; des mortels» − subst. être humain» − ; mortel, qui donne la mort», spéc. mortale crimen, mortalia delicta péché mortel» dans la lang. chrét. Fréq. abs. littér. 3398. Fréq. rel. littér. xixes. a 7739, b 4143; xxes. a 3901, b 3280. Bbg. Henning Mortel, ange et démon. Mod. Lang. Notes. 1938,
Nous autres, civilisations contemporaines, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », assurait Paul Valéry. Mais proche ou lointaine, dans le temps comme dans l’espace, mythique ou réelle, fantasmée ou créée de toutes pièces, chaque civilisation s’affranchit de cette mortalité, tant pour les historiens que pour les artistes, car elle est le creuset dans lequel est fondu l’imaginaire. Et le propre de l’imaginaire n’est-il pas d’être riche et multiple ? Dix-neuf auteurs vous invitent ici à parcourir les chemins de civilisations perdues ou à venir Lalex Andrea, Jean-Pierre Andrevon, Alberto Arrecchi, Pascal Bayle, Ugo Bellagamba, Céline Ceron Gomez, Dounia Charaf, Loïc Daverat, Renaud Ehrengardt, Estelle Faye, Ïan Larue, Morgane Marchand, Johanna Marines, Bérangère Monraisse, Morency, Timothée Rey, Chantal Robillard, Mara Sedan et Ketty Steward. Illustration de couverture par Hélène Marchetto. Puissiez-vous partager le plaisir de leur découverte. Anthologie officielle du festival Nice Fictions 2018. Voir la gamme et acheter
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire. Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie. .. ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables elles sont dans les journaux. Paul ValéryLe Dico des citations
nous autres civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles